devianz voit le jour en 2004,
rencontre de quatre musiciens aux origines musicales diverses. Et il ne leur aura pas fallu
longtemps pour nous livrer leur premier opus :
una duna in mezzo all'oceano vient de
débarquer, tout frais.
Et il faut bien dire que l'animal n'est pas évident à appréhender.
La première écoute laisse cette agréable impression que l'effort produit par des groupes tels que
Kaolin commence à porter ses fruits, et à ouvrir des
portes. Mais elle laisse aussi un petit goût amer dans la bouche. Certainement pas dû à une
musique sans accrocs, impressionnament maîtrisée, où pianos apaisants et riffs puissants
s'entrechoquent, où la mélancolie et l'énergie se cotoîent comme s'ils ne faisaient qu'un.
Non, cette petite gêne provient plutôt d'un chant parfois un peu trop fragile, peut-être voulu
trop touchant, et perdant donc en sincérité. Mais cette impression s'estompe au fil des écoutes,
et laisse place à une foule d'émotions. Bien que ce chant reste crispant sur certains morceaux,
devianz livre ici quelques compositions d'une richesse hallucinante - notamment
тринадцать, morceau progressif par sa
longueur (14 minutes), mais rock dans sa musique, incroyablement bien maîtrisé de bout en bout -,
pour une oeuvre homogène et originale.
Un an. C'est le temps qu'il aura fallu à devianz
pour accoucher de cette somptueuse galette. La capacité de certains groupes à affirmer une
identité, une créatitivité et une touche musicale aussi forte dès leurs débuts m'épate. Et
m'étapera toujours.
devianz brise les codes, ose, crée. Et ça mérite le respect.