- Melun ? Melon plutôt, non ?
- Non non, Melun.
- Ah ok. Connais pas. Et c'est pas mort tu dis ?
- Ouaip, même que y'a une compil' qui vient de sortir et qui a ça pour titre. "Melun is not dead" qu'ils disent.
- Donc, ça sous-entend que ça a été vivant à un moment donné. T'étais au courant toi ?
- Nope.
- OK.
Nos excuses aux melunais, mais nous, on n'avait jamais entendu parler de votre ville. Donc, force est d'avouer que cette compilation ne donne pas une occasion de savoir que vous êtes toujours là, mais bel et bien de découvrir que vous existez.
Comme toute (bonne ?) compilation qui se respecte,
Melun is not dead propose donc de découvrir toutes sortes d'artistes locaux. Et comme toute compilation qui se respecte, on y trouve du très intéressant (
brume retina), du bien mais sans plus (
etikal lab,
Elejia), du peut mieux faire (
Copernic, Never on TV) et de l'abominable (pas de noms, on n'est pas comme ça). Cela dit, rayon abominable, quatre-cinq groupes se partagent la palme. Pour résumer, ce sont des formations qui donnent l'impression d'avoir été créées par une bande de lycéens pas très évolués qui s'emmerdaient, et qui ont eu l'idée géniale de monter un groupe. Genre métal/néo-rebelle le groupe, bien sûr, dont la gestation devrait pouvoir se résumer à ça :
- Putain trop fort les mecs, on va tout déchirer !!
- Ouais mais JB, aucun de nous n'est capable de chanter, on est dans la merde !
- [réflexion] Les gars, j'ai une solution ! Suffit qu'on hurle comme des gorets, t'sais genre on met toute notre haine dans le chant, comme ça les gens ils capteront pas qu'on chante comme des casserolles, et ça passera.
Et bien, non, ça ne passe pas. Mais vraiment pas. Il y a un moment, il faut arrêter le massacre et de vouloir copier ses aînés (déjà pas franchement folichons) juste pour faire style. C'est mauvais pour vous, mais aussi pour les gens qui vous écoutent. La musique est et restera un art, pas un jouet accessible à tous ceux capables de balancer trois rifs sans âme et de beugler dans un micro - ça, on doit tous pouvoir le faire.
Si on ne va pas s'étendre de la sorte sur les nuls et les peut mieux faire, quelques mots quand même sur les bien mais sans plus et sur le morceau qui nous a paru le plus intéressant. Si le rock proposé par les
Etikal Lab, l'espèce de trip-hop/dub des
Copernic et les paroles bien senties du
Dolly-like
Elejia se révèlent agréable à écouter et possiblement porteurs de quelque chose, nos oreilles se sont définitivement calées sur le post-rock des
brume retina, instrumental bien senti avec les montées en puissance qu'il faut où il faut, et qui donne envie d'en découvrir plus.
Après écoute des quatorze titres proposés, on aura donc réellement retenu une seule formation. Et c'est déjà pas mal. Car, au final, là est bien le but d'une compilation : permettre à des gens d'horizons différents de découvrir des morceaux leur plaisant sur un même support. Et ce but là,
Melun is not dead l'atteint relativement bien, donnant une large place au métal, au rock, au hip-hop (
Desko).